Si, en son temps, le débarquement de la « Santa Maria » ne fut pas des plus aisé sur le continent américain, notre arrivée fut elle aussi des plus fastidieuse. Certes la situation géopolitique ainsi que les informations des medias ne laissaient que peu de doute sur la sécurité dans l’aéroport. Cependant l’excitation du voyage m’avait fait oublier ce fait. Papiers à remplir, fouille, attente, contrôle méticuleux des identités, prise d’empruntes, photos… voilà ce qui s’appelle « un franchissement de frontière ».
Une fois dans le bus qui nous conduit à l’université, il est bien difficile de ne pas se laisser absorber par le spectacle qui s’offre à nous. Si tout le monde a déjà vu des photos de New York, se retrouver aux pieds de cette immensité, des buildings, des autoroutes à quatre voies remplies de 4x4 énormes et de voitures de luxe, est des plus impressionnant.
Des trois campus que possède Fordham nous étions sur celui de Rose Hill dans le Bronx. L’université, notre lieu de vie principale, ne dérogeait pas à la règle des grandes universités américaines. La superficie d’un petit village (34.5 hectares pour Rose Hill), un complexe sportif à faire pâlir plus d’une ville française, une bibliothèque sur trois étages s’offrant le luxe de proposer plusieurs expositions permanentes dans son musée. Tout est simplement démesuré et grandiose. Ici, tout est fait pour faciliter la vie des étudiants. Les livres de cours sont disponibles à la librairie même s’ils sont particulièrement chers : 150 dollars pour un livre de finance. A ce propos pour essayer de rentabiliser au maximum votre investissement essayez de ne pas abîmer votre livre et surtout de demander la dernière version disponible. Il vous sera alors possible de revendre le livre à la librairie. Cependant, si les livres de cours doivent être achetés, les livres « classiques » ainsi que les films que vous devez voir en fonction des cours choisis sont en libre accès à la bibliothèque. Un gros plus qui permet par ailleurs d’élargir sa culture cinématographique pour les amoureux du septième art.
Pour en revenir aux cours, une fois encore la réputation de l’université est bien méritée. Tout d’abord ce qui me surprit fut le très large panel de matières et leurs originalités. Je me suis d’ailleurs laissé tenter par un cours sur l’art et les médias. Passionnant pour qui aime le cinéma, la musique et l’art en général. De plus, il est enseigné par le docteur Wachtel, un chercheur renommé dont les articles sont publiés dans les plus grands journaux américains (New York Times, New Yorker…).
N’oubliant pas les fondamentaux je ne pus me résoudre à ne pas prendre un cours de finance, ma majeure. « Financial accounting » : une classe qui contrairement à celle d’art est remplie à craquer. Chacun sur son petit bureau individuel où chaise et bureau sont soudés l’un à l’autre. A peine la place de poser le si coûteux livre de finance et de placer ses jambes. Ces bureaux semblent tout droit sortis d’une dinette pour enfants ! Un mystère de construction qui permet miraculeusement aux immenses basketteurs et aux imposants footballeurs de l’université de s’asseoir.
Un murmure me parvint juste avant l’entrée de notre professeur : « the mafiosi » Je n’y prêta pas plus attention, pensant avoir mal entendu ou ne pas avoir la référence nécessaire pour comprendre la blague collective. A ce moment, un homme dans un costume très classe, une serviette à la main, une oreillette main libre par laquelle il semblait parler à un de ses clients, entra. De sa main gauche où trônait une bague sertie d’une énorme pierre verte, il nous salua : « Hi gang ! My name is Joe, and I’m italian »
Si je n’avais plus de soupçon sur le pourquoi du surnom, je m’interrogeais toujours sur le contenu du cours au nom plutôt général. Ce cours fut une vraie surprise et une motivation supplémentaire pour continuer dans cette voie. Je le conseille vivement à tous ceux en majeure Fiance/Gestion. Ce sont principalement des révisions de ce que l’on a déjà appris mais revisitées « made in USA » avec beaucoup de nouvelles méthodes et, normes américaines obligent, des approches totalement différentes.
Une chose qui frappe pendant les cours à Fordham c’est le comportement des élèves radicalement différent des étudiants français. Tout d’abord, il n’y a pas le moindre chuchotement pendant les cours, les élèves ne sont pas forcément tous attentifs mais personne ne parle. Beaucoup échangent des textos, et le port de la casquette ou même mieux du « combo » casquette plus capuche par-dessus, ne semble pas déranger les professeurs. Il n’est pas non plus choquant de sortir et revenir de cours sans donner d’explication.
Si je vous dis : un PC de sécurité, plus de 6 voitures de sécurité, un personnel 24/24, des patrouilles de polices la nuit, une autorisation à montrer à chaque entrée, des contrôles devant les bâtiments, vous me dites ? La réponse est Fordham. En effet le service de sécurité à l’intérieur de l’université est des plus impressionnant.
Une autre chose surprenante dans l’université c’est l’implication des étudiants. Dès notre arrivée nous étions encadrés et épaulés par des étudiants. La gestion des chambres ainsi que la vérification des cartes d’identité à l’entrée des bâtiments est également assurée par des élèves. Ce service est payé par l’université et le plus souvent rendu en échange d’une chambre.
L’université est des plus agréable, mais il serait incongru de ne pas sortir visiter New York. La première impression et cela reste une récurrente ici c’est l’immensité des rues, le nombre de personnes, les hommes sandwich vendant les téléphones portables par trois ou quatre. Les monuments et endroits connus de new York valent vraiment le coup : que cela soient la vue extraordinaire au sommet de « Top of the rock » et de l’Empire State Building, la visite du Museum of Nature History et d’autres parmi les cent cinquante musées New Yorkais,la statue de la Liberté, ou encore les typiques terrains de baseball à central Park. Je vous conseille d’ailleurs d’aller faire un tour prêt du lac à central Park, c’est un endroit très plaisant pour pique-niquer ou bien pour pratiquer le canoë.
Une chose qui m’a marqué dès la sortie de l’université c’est l’omniprésence de militaires essayant d’engager de nouvelles recrues. L’armée américaine prospecte dans la rue avec des stands permanents, dans le métro et distribue des tracts un peu partout.
Au niveau transport, ce qui choque en arrivant à Manhattan, car le phénomène n’est pas présent dans le Bronx, c’est le nombre de taxis et le prix très abordable. Il y en a presque autant que de voitures classiques. Ils sont en plus très confortables et vous pourrez même regarder la télévision installé dans votre siège.
Les « Yellow Cabs » seraient près de 50000 dans l’agglomération, avec des chauffeurs originaires principalement du Bangladesh, du Pakistan et d’Inde. La couleur jaune choisie par John Hertz, le créateur de la compagnie, est un succès.
Pour éviter les embouteillages fréquents il est cependant conseillé d’emprunter le métro. Pour vous donner une idée on parle ici de 468 stations et de plus de 3,5 millions d’utilisateurs au quotidien. Si ce dernier est très sale et les rats abondants, il faut reconnaître au métro New yorkais un accès facile et surtout un service 24/24 très utile et pratique notamment lors de sorties nocturnes sur Manhattan.
La nuit, Manhattan est très animé, il est à la fois possible de faire la fête avec des « business men » sortant tout juste du travail à Wall Street, ou à Little Italie où la convivialité est de mise, ou enfin si le budget suit, sur la 14eme Avenue dans les nombreux bars branchés.
Il était impossible de savoir qui l’on allait rencontrer chaque soir. Enfin, New York la nuit grouille de personnes de toutes nationalités. Nous avons ainsi rencontré des français, des allemands, un vietnamien et bien d’autres expatriés loin de leur terre natale.
Cependant, attention les bars et boîtes de nuits sont très à cheval sur l’âge et demandent une carte d’identité à chaque entrée.
Enfin, si en France un jean délavé et une chemise « classe » servent souvent de sésame pour entrer dans les endroits à la mode, à New York il est préférable de se retourner vers un costume bien taillé et une cravate habillement nouée.
Manhattan est toujours en mouvement. Il est vrai qu’avec deux semaines de congés payés et des New Yorkais, qui cumulent souvent deux travails ou plus, on est loin des 35 heures. Ici, « time is money ».
Si l’on parle souvent de la crise de la sécurité sociale française, les Etats Unis sont loin de posséder un service similaire.
Voici une anecdote qui illustre le fossé qui existe entre le service social des deux pays.
Un soir, avec mes camarades de Summer nous revenions d’une soirée à Manhattan et en approchant l’université nous tombons sur un homme allongé sur le sol en pleine rue. Entre deux évanouissements il nous confie qu’il ne sait plus où il est et qu’il cherche à rentrer chez lui avant de s’endormir « ivre mort » sur le sol.
Nous réussissons à joindre le service des urgences qui nous assure envoyer une ambulance au plus vite. Une quart d’heure plus tard l’ambulance arrive, et là d’un coup la personne au sol se lève d’un bon et commence à nous crier dessus en s’éloignant tout en titubant et chutant de temps à autre dans les rues du Bronx. Les ambulanciers nous confient ne pas vouloir porter assistance à cette personne car elle n’aura sûrement pas de quoi payer. Le lendemain, les étudiants américains nous confirment que tout soin médical est extrêmement cher. Malade, il faut choisir : fuir ou s’endetter.
Si le célèbre économiste n’était pas américain, son circuit économique qui ne prenait pas en compte l’épargne et la nommait comme nuisible semble très proche du comportement américain.
En effet les étudiants locaux ne semblaient pas comprendre le pourquoi d’épargner. La consommation est le mot d’ordre.
Ce qui me surprit également sur le campus c’est que tous les étudiants avaient une voiture et le plus souvent de très grosses voitures ou 4x4. Outre le fait qu’ils n’épargnent pas l’explication est qu’ils achètent leurs voitures en leasing ce qui est assez peu courant en France surtout pour des étudiants.
Les Etats-Unis sont connus comme étant le pays numéro un dans le commerce. En vous baladant à Manhattan vous tomberez certainement sur des magasins qui vous surprendront.
J’ai particulièrement apprécié la boutique Smarties : de longs tubes remplis de Smarties de toutes les couleurs, dses statues mettant en scène
les célèbres bonbons à l’effigie de grands monuments New Yorkais.
Une fois le ventre bien rempli de friandises je suis sûr que vous avez soif. Il ne vous reste plus qu’à faire un détour au « soda shop ». Une boutique qui comme son nom l’indique vend
toutes sortes de soda. Le plus surprenant est l’énorme fontaine à soda qui trône au milieu du magasin. Pour les aficionados d’électronique et de multimédia je vous conseille les « Apple
Stores ». Outre les derniers produits Apple vous pourrez consulter vos mails et accéder à internet librement, assister à des concerts et à des conférences sur les derniers services
proposés par la firme à la pomme.
D’un point de vue plus commercial ce qui surprend en entrant dans un « Apple Store » c’est le nombre de vendeurs. Il y a presque un vendeur derrière chaque client, et chacun a la possibilité de recevoir directement votre paiement par carte bleue. La plastic money est acceptée partout même pour de faible montant, mais comme la machine ne lit que la bande magnétique et non la puce un commerçant peu scrupuleux pourrait utiliser votre carte. Il faut donc éviter les petits commerces de certains quartiers.
Sinon, plus que des magasins certains produits m’ont surpris. C’est le cas de la vente de café. Fondée en 1971, Starbucks est la plus grande chaîne multinationale spécialisée dans le café.
Bien sûr, USA oblige, pas du café comme nous l’entendons chez nous en France. Pas la peine de sortir le joli service à café offert lors de votre première crémaillère. Ici le café est froid et bu dans un imposant gobelet en papier.
Les Starbucks sont aussi présents que les McDonald et tous les étudiants ont leur café pour éviter tout risque de déshydratation en cours.
Pour découvrir les derniers films présents au box office ou les produits des grandes marques et surtout pour en prendre plein la vue je recommande
vivement de faire un tour sur Time Square la nuit. D’immenses panneaux lumineux, des publicités présentées sur des écrans géants tout cela posé sur les buildings New
Yorkais.

Pour rester sur le thème publicitaire, Euro de foot oblige nous avons regardé la télévision de temps à autre. J’ai alors découvert une pratique bien étrange pour moi résident dans un pays où le
service public va bientôt ne plus diffuser de publicité. En effet, aux Etats Unis il est possible pour les professions libérales de faire leur propre promotion à la télévision. Le plus amusant
étant celles d’avocats ventant leur mérite et les gains qu’ils pourraient vous faire obtenir. Le plus surprenant étant sans doute les « coupons réductions » que les médecins glissent
dans les boîtes aux lettres ou encore les publicités pour tel ou tel vétérinaire qui connait le remède miracle pour que votre animal de compagnie se sente toujours bien près de vous.
Pour rebondir sur le thème de la médecine un concept de magasin m’a interloqué. Je parle tout simplement des pharmacies. En effet, à New York les pharmacies vendent aussi bien des cigarettes que des batteries de voitures ou des produits de la vie courante. Il paraît même qu’en cherchant bien il est possible de trouver des médicaments.
Un des premiers clichés sur les américains est qu’ils sont tous en surpoids et mangent très souvent au fast-food. En se promenant dans le Bronx et à Manhattan le nombre de fast-food au mètre carré est impressionnant et ceux-ci sont bien plus diversifiés qu’en France. Voici, par exemple, une liste non exhaustive des fast-foods où vous pourrez manger à New York : burger King, McDonald, White Castle, Wendy’s, Silver Streak, Chico’s Taco’s etc.
Comme le nom de Chico’s Taco’s doit vous l’évoquer il existe à New York et notamment dans le Bronx beaucoup de fast-foods mexicains, indiens ou autres.
On compterait à New York plus de 10 000 restaurants. Les personnes en surpoids sont plus nombreuses dans le Bronx ou d’autres quartiers défavorisés. Les portions imposantes et les aliments souvent frits et gras expliquent un peu ce problème.
Il n’était pas rare de retrouver la boîte de pizza littéralement mangée et trouée par l’huile qui ruisselait de votre Margarita ou de votre 4 fromages.
Bien sûr avec la taille de New York et son pluralisme culturel il est très facile de trouver d’autres mets plus savoureux que le fameux hamburger. Avec mes camarades de voyage nous avons ainsi pu déguster des nems à Chinatown, des Sushis à Manhattan, des salades maison à Central Park, ou autres sandwichs cuisinés à Wall Street.
De plus, pour les moins courageux il est très aisé de se faire livrer quasi tout ce qu’il est possible de manger. Cependant attention si toutes les publicités que vous trouverez vous venteront une livraison gratuite il faudra tout de même vous acquitter du fameux « Tips ». Cela signifie pourboire. Dans tous les restaurants ou bars où vous irez vous devrez donner au serveur un pourboire à hauteur de 10/15% de la note.
Un autre piège a éviter est que tous les prix, que cela soit pour les produits alimentaires ou non, sont marqués hors taxe.( taxe 8.25%).
Les statistiques estiment que Manhattan abrite entre 50 et 80 000 sans abris. Ce qui étonne cependant, quand l’on se promène dans les rues c’est que l’on ne croise personne allongé ou assis sur le trottoir en train de mendier. C’est qu’à Manhattan tout le monde semble avoir un talent. De ce fait, ne soyez pas surpris d’être abordé dans la rue par une personne qui viendra vous chanter une chanson, vous faire un rap, ou une danse pour solliciter de votre part une participation afin de l’aider dans sa précarité.
Ce voyage fut vraiment merveilleux tant pour ses cours intéressants que pour ses rencontres, ses découvertes et tout simplement pour New York. Cependant, soyez prévenu ce diplôme demande beaucoup de travail. En relisant cet article je me suis rendu compte que j’ai utilisé le mot « impressionnant » un grand nombre de fois. Plus que le manque de vocabulaire je pense surtout que c’est ce qui ressort de ce mois dans la Big Apple : c’est impressionnant mais aussi étonnant, extraordinaire, imposant, prodigieux, merveilleux, saisissant, superbe, spectaculaire, surprenant...
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